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Noyer les responsabilités des hommes : la symétrie de la violence
par Brochure antimasculiniste, 10 mars 2010


La théorie de la symétrie de la violence, mobilisée notamment par le psychologue Yvon Dallaire, nie l’inégalité de l’exercice de la violence entre les femmes et les hommes. Elle suppose l’inexistence d’une violence structurelle des hommes envers les femmes, mais plutôt des personnes violentes, une situation qui n’aurait rien à voir avec le sexe.

Yvon Dallaire tente de démontrer cette symétrie sous trois aspects :

Ces théories sont confortées par les interprétations masculinistes des données de l’Enquête sociale générale de 1999 de Statistique canada, reprises dans la publication de l’Institut de la statistique du québec, La violence conjugale envers les hommes et les femmes au Québec et au Canada, 1999 [4]. Ces données présentent la prévalence sur cinq ans de plusieurs énoncés tels que « a été victime d’au moins un acte d’agression ». Autrement dit, cette prévalence mesure le nombre de personnes qui, dans la population canadienne et québécoise, ont au moins une fois été l’objet d’un acte de violence de la part de leur conjointE. L’écart est faible entre les hommes et les femmes.
Mais comme le rappelle le Conseil du statut de la femme [5], ce genre de document « ne constitue évidemment pas une mesure de la violence conjugale » [6]. Et ce, pour la raison suivante : une femme violentée 90 fois par son conjoint ces 5 dernières années et un homme violenté une fois par sa conjointe sur la même période compteront pour 1 dans ces statistiques, dans les deux cas.

Yasmin Jiwani conteste elle aussi cette enquête :

« Dans un pays où pour chaque conjoint tué, 3,4 conjointes subissent le même sort (Locke, 2000), où des statistiques antérieures révèlent que 98 p. 100 des agressions sexuelles et 86 p. 100 des crimes violents sont commis par des hommes (Johnson, 1996), que les femmes représentent 98 p. 100 des victimes de violence conjugale sous forme d’agression sexuelle, d’enlèvement ou de prise d’otage (Fitzgerald, 1999), et où 80 p. 100 des victimes de harcèlement criminel sont des femmes alors que 90 p. 100 des personnes accusées sont des hommes (Kong, 1996), les conclusions de l’ESG sont étonnantes. » [7]

Ainsi, pour le Conseil du statut de la femme « l’idée que, dans leurs relations de couple, les hommes sont autant victimes de violence que les femmes et son corollaire, que les femmes sont aussi violentes que les hommes, ne correspond pas à la réalité. Comme le soulignent aussi d’autres travaux [8], il faut [...] reconnaître que la violence vécue par les conjointes se manifeste par des actes plus dangereux, qui se produisent plus fréquemment, et qu’elle a des conséquences physiques et psychologiques plus marquées. Elle relève plus souvent d’une dynamique de terrorisme conjugal, de rapports de domination entre les sexes, c’est-à-dire d’une véritable violence conjugale, telle que définie par la Politique québécoise d’intervention en matière de violence conjugale, par opposition à une situation de violence situationnelle. De plus, cette dynamique a des conséquences plus négatives et d’une plus grande ampleur pour les femmes. » [9].

[1Louise Brossard, « Le discours masculiniste sur les violences faites aux femmes : une entreprise de banalisation de la domination masculine », in Le mouvement masculiniste au Québec, p. 96.

[2Idem, p.100-101.

[3Idem, p.101.

[4Institut de la statistique du Québec. La violence conjugale envers les hommes et les femmes au Québec et au Canada, 1999, [recherche et rédaction : Denis Laroche], Québec, l’Institut, 2003.

[5Lucie Bélanger, Ampleur et nature de la violence subie par les femmes et les hommes : analyse sur quelques statistiques concernant la violence conjugale, Québec, Conseil du statut de la femme, 2005. http://www.csf.gouv.qc.ca/telecharg... vu le 20 juin 2009.

[6Idem, p. 12.

[7Yasmin Jiwani, « Enquête sociale générale de 1999 sur la violence conjugale : une analyse », http://www.vancouver.sfu.ca/freda/r..., vu le 22 juin 2009.

[8Yasmin Jiwani, « Enquête sociale générale de 1999 sur la violence conjugale : une analyse », déjà citée. Leslie Tutty. Violence à l’égard du mari : vue d’ensemble sur la recherche et les perspectives, Ottawa, Santé Canada, 1999.

[9Lucie Bélanger, Ampleur et nature de la violence subie par les femmes et les hommes : analyse sur quelques statistiques concernant la violence conjugale, Québec, Conseil du statut de la femme, 2005, p.25.





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