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Des écoliers dans la brume
par Brochure antimasculiniste, 9 mars 2010


Les masculinistes tirent la sonnette d’alarme : les garçons seraient en danger, leur taux de réussite à l’école serait en chute libre !

  1. Les garçons réussiraient de moins en moins à l’école.
  2. L’enseignement actuel favoriseraient les filles.
  3. Le retour à l’école non-mixte permettrait une meilleure réussite.

L’idée d’une chute des résultats scolaires des garçons au québec, c’est du n’importe quoi :

« En 1979, le taux de décrochage scolaire des garçons de 19 ans était de 43,8 %. En 2004, il se situait à 24,3 %. Comment expliquer, alors, la panique actuelle ? C’est que les filles font encore mieux, étant passées d’un taux d’abandon de 37,2 % à un taux de 13,9 %. Les filles, en d’autres termes, sont si bonnes qu’elles modifient notre perception de la situation des garçons québécois, meilleure que celle de leurs semblables du reste du Canada et des pays de l’OCDE. » [1]

« [Les] garçons décrochent en moins grande proportion aujourd’hui qu’il y a 10 ans. Par exemple, en 2001, en formation générale, ils étaient 69 % à accéder à la 5e secondaire comparativement à 54 %, en 1982 (source : ministère de l’Éducation). » [2]

La situation est donc loin d’être catastrophique pour les garçons, puisqu’elle s’améliore ! Ce qui semble provoquer la colère les masculinistes, c’est que les filles progressent plus vite que les garçons, et qu’elles ont ainsi plus de chances de s’émanciper. Ils avancent donc l’idée que l’école favoriserait les filles :

Plusieurs études ont été menées comparant les résultats des garçons dans les écoles mixtes et non-mixtes. Jean-Claude St-Amant, qui a mené plusieurs recherches sur le sujet, note que

« Le recours à la non-mixité en classe constitue pour les personnels scolaires la mesure jugée la plus efficace pour les garçons. Elle se retrouve dans 37% des cas, avec une fréquence plus élevée au primaire (40% contre 34%). La ségrégation se fait soit par matière, soit par cycle ou par niveau. Ce type d’intervention s’inspire principalement du discours sur les dysfonctionnements de l’école où la responsabilité incombe d’abord au système scolaire. Le rapport du Groupe de réflexion sur l’éducation des garçons indique de façon paradoxale que "majoritairement, [les directions d’écoles] n’ont remarqué aucun changement significatif au niveau des résultats académiques." [6]

Cette absence d’impact positif concorde tout à fait avec les résultats de recherche sur la ségrégation par sexe chez les garçons. [7] » [8] Selon de nombreuses études, les personnes qui « décrochent » à l’école sont principalement issues de milieux populaires, mais ça, les masculinistes n’en parlent pas...

[1Louis Cornellier, « L’école est-elle discriminatoire envers les garçons ? » Le Devoir, Édition du samedi 18 et du dimanche 19 août 2007, http://sisyphe.org/spip.php?article2713 vu le 17 juin 2009.

[2Michèle Asselin et Gisèle Bourret, « Les difficultés scolaires des garçons : débat sur l’école ou charge contre le féminisme ? », http://sisyphe.org/spip.php?article744 vu le 17 juin 2009.

[3Idem.

[4Rapport de recherche. S.l., Groupe de réflexion sur l’éducation des garçons, 2003, p.37.

[5Jonathan Ned Katz, L’invention de l’hétérosexualité, Epel, Les grands classiques de l’érotologie moderne, 2001.

[6Rapport de recherche, déjà cité, p.36.

[7P. Bouchard et J. C. St-Amant, « La non-mixité à l’école : quels enjeux ? », Options CSQ no 22, pp. 179-191, 2003.

[8Jean-Claude St-Amant, « L’école québécoise et les garçons : l’apprentissage de la domination », http://sisyphe.org/spip.php?article1320 vu le 17 juin 2009.





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