L'aGitation dans la BoîTe à outIls - textes - masculinisme - sciences humaines
Gérard Neyrand
par Brochure antimasculiniste, 9 mars 2010


Professeur de sociologie à l’Université de Toulouse 3 – Paul Sabatier, directeur et responsable de recherche au CIMERSS (Centre Interdisciplinaire Méditerranéen d’études et de Recherche en Sciences Sociales), Gérard Neyrand étudie ce qu’il appelle « l’ordre familial », « les relations privées et leurs diverses formes de régulation » [1]. Ses champs d’investigation sont les suivants : « sociologie de la petite enfance et de la jeunesse, du couple et de la parentalité, et plus globalement des mutations familiales, ainsi que leur rapport aux politiques sociales ». Il a rédigé quelques articles et un ouvrage sur la « place du père » et la résidence alternée dont les titres indiquent clairement son parti-pris : Les mésaventures du père (article [2], 2002), L’enfant face à la séparation des parents. Une solution, la résidence alternée (ouvrage, 2004), « La résidence alternée, une expérience généralement bien vécue » (article [3], 2004), « La résidence alternée, réponse à la reconfiguration de l’ordre familial. Les enjeux d’un débat. » (article [4], 2005). Ce n’est donc pas par hasard s’il est cité par des associations de pères séparés.

Dans Les mésaventures du père, il écrit notamment :
« Le rôle paternel, désinvesti de sa position de contrôle et d’autorité, voit s’ouvrir le champ du possible [à partir des années 1970]. (...) Paradoxalement, c’est aussi l’époque où un grand nombre d’enfants sont privés [souligné par nous] de toute relation suivie à leur père à la suite d’une séparation de leurs parents. Cette situation, qui concerne pratiquement un enfant sur deux après la séparation, apparaît comme l’indice de la fragilisation extrême de la position paternelle [souligné par nous]. Elle se révèle aussi bien dans l’intériorisation acceptée de la bipartition des rôles parentaux, qui veut que ce soit la mère qui ait la « garde » de l’enfant, que dans la revendication inaboutie à la coparentalité que portent les pères nouveaux regroupés en associations. »
Et dans la conclusion de ce texte, il écrit : « [En] entérinant la position dominante de la mère dans la relation à l’enfant, la justice a renforcé la secondarisation de la position du père. » [5]
En somme, Gérard Neyrand évacue totalement la responsabilité des pères dans leur non-implication dans la prise en charge des enfants lors des séparations conjugales (victimes des décisions des mères et de la justice...). Pourtant, les constats du délaissement de leurs enfants suite à une séparation, du non-paiement des pensions alimentaires, ont largement été faits. Mais non, ce sont les mères qui ont vu leur pouvoir renforcé dans la sphère domestique...

Par ailleurs, il considère le SAP comme réel, ce qui a poussé récemment l’association ACALPA à l’interroger à ce sujet. [6] Au vu de ce qu’il publie, est-il étonnant de le voir partager une même « Table ronde sur les mutations des modèles familiaux » avec Aldo Naouri, pédiatre, défenseur de l’ordre hétérosexuel [7], et Marcella Iacub [8] ?

[1Citations tirées de son site (http://www).gerardneyrand.fr

[2Paru dans Familles. Permanence et métamorphoses, sous la direction de Jean-François Dortier, Auxerre, Sciences Humaines éditions, 2002 pp. 135-141.

[3Paru dans Divorce et séparation, n°1. 2004.

[4Paru dans Recherches familiales, n°2, 2005, pp. 83-99.

[5(http://www].acalpa.org/pdf/les_mesaventures_du_pere.pdf

[6(http://)acalpa.org/pdf/invite_gerard_neyrand.pdf

[7Il a notamment écrit Adultères (2006), Une place pour le père (1999) et Les filles et leurs mères (1998). Il y déploie une vision biologisante de la maternité, parle allègrement du pouvoir des mères...

[8Mission d’information sur la famille et les droits des enfants, Assemblée Nationale, 13 avril 2005.





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