L'aGitation dans la BoîTe à outIls - textes - masculinisme - rambos médiatiques
Michel Houellebecq
par Brochure antimasculiniste, 27 février 2010


Michel Houellebecq est un écrivain français né en 1956 qui a une réputation de « provocateur ». Son premier roman, Extension du domaine de la lutte, publié en 1994, a connu un succès public. Les Particules élémentaires, son roman suivant, provoque un tapage médiatique, dû en partie à l’« exclusion » de son auteur de la Revue Perpendiculaire à laquelle il appartenait, pour incompatibilité d’idées. En 2008, l’auteur publie Ennemis Publics, une série d’entretiens avec Bernard-Henri Lévy. Les deux écrivains s’y décrivent comme des personnalités « maudites » et iconoclastes, ce qui est plutôt comique pour des célébrités bien intégrées au système médiatique qui expriment les idées dominantes [1].

L’auteur se sert de la caution artistique pour faire dire aux personnages de ses livres des propos réactionnaires et antiféministes. Il se complaît dans la description de « femmes libérées de quarante ans au bord de la décrépitude, condamnées à la honte, à la masturbation et à la souffrance » [2].

La « misère sexuelle », que l’auteur dénonce à longueur de pages, est attribuée au féminisme. Extension du domaine de la lutte s’ouvre sur un strip-tease, avec « une [fille] qui a commencé à se déshabiller » ; or, « c’est une fille qui ne couche avec personne ». En même temps, « deux boudins » approuvent la minijupe d’une « fille du service » : « elle avait bien le droit de s’habiller comme elle voulait », « ça n’avait rien à voir avec le désir de séduire les mecs ». Pour le narrateur, ce sont là « les ultimes résidus, consternants, de la chute du féminisme. » (EDL, 5-6) Les femmes font écho à cette dénonciation : « J’ai jamais pu encadrer les féministes », explique Christiane à son amant dans Les particules élémentaires : « [Elles] n’arrêtaient pas de parler de vaisselle et de partage des tâches [...] elles réussissaient à transformer les mecs de leur entourage en névrosés impuissants et grincheux. À partir de ce moment […] elles commençaient à éprouver la nostalgie de la virilité. Au bout du compte elles plaquaient leurs mecs pour se faire sauter par des machos latins à la con [...], puis elles se faisaient faire un gosse et se mettaient à préparer des confitures maison avec les fiches cuisine Marie-Claire. » (PÉ, 182-183) [3]

[2Marie Redonnet, « La barbarie postmoderne, À propos d’un roman de Michel Houellebecq : Les particules élémentaires », http://lmsi.net/spip.php?article52 vu le 10 juin 2009.

[3Citation libre de l’article d’Eric Fassin, « Houellebecq "sociologue" », http://lmsi.net/spip.php?article348 vu le 10 juin 2009.





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