Mets-y du tien ! 5/5
La termite brailleuse, 13 octobre 2014

Quand le rendez-vous se fait "rencontre du sale type", du genre consommateur qui considère que puisqu’on est là "pour ça", "on" lui doit des services sexuels, même si l’envie s’est évaporée... La pensée dominante dira qu’elle l’a bien cherché, qu’il ne fallait pas aller dans un coin paumé avec un inconnu rencontré sur internet. Curieusement, morale majoritaire et violeurs tiennent le même discours : "elle l’a bien cherché".
La culture pro-viol reste bien vivante.

Quand la honte changera t’elle enfin de camp ?

La Vipère Siffleuse

Fin

« [...] il a fallu attendre ma découverte du féminisme pour que je comprenne que non, je n’avais pas mérité de vivre ça, que oui, les filles ont le droit de
coucher avec qui elles ont envie, et elles peuvent dire non même au
dernier moment, et que non, ça donne aucun droit au mec si ce n’est celui
de le respecter. Même maintenant j’ai encore du mal à me considérer
comme "victime", même si je n’ai aucun doute quant au fait que H. aurait
dû écouter mon refus et que rien ne lui donnait le droit d’insister et
de me terrifier, me manipuler et me faire du chantage pour parvenir à ses
fins (ce qui réussit à me convaincre, c’est de me dire qu’il a continué
à insister et à s’énerver alors que je pleurais. Quel homme désireux
d’un rapport sexuel consentant prendrait les larmes d’une femme
terrorisée pour un signe de désir ?).

J’ai eu des ’flashs" de cette scène pendant plusieurs mois après cette
prise de conscience, accompagnés de sanglots violents, et souvent de cris
de détresse et de dégoût physique (je ne supportais aucun contact sur
ma peau), souvent pendant que j’allais faire/ faisais l’amour avec mon
amoureux, les flashs en question étant que je voyais la tête de H. se
greffer sur celle de mon petit ami. C’est ce qui m’a décidé à revoir un
psychologue. La thérapie a permis de faire cesser ces flashs, mais pas
encore de surmonter la dépression qui les a accompagnés.
 »
Marie

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