Quand la conversation est l’école du mépris
La termite brailleuse, 18 février 2014

Si la parole est déterminante dans la construction de la réalité, ceux qui contrôlent la parole contrôlent aussi la réalité.
Corinne Monnet


Selon une idée répandue, les hommes parleraient peu, et les femmes beaucoup.

Seulement, comme pas mal d’idées répandues, celle-ci est fausse. Observons les échanges verbaux qui ont lieu en mixité attentivement, et nous ne tarderons pas à nous apercevoir que tendanciellement, les hommes parlent plus que les femmes et parviennent plus facilement à imposer leurs sujets de conversation, tout en coupant plus la parole et en se faisant moins interrompre que les femmes. Le mécanisme de cet accaparement masculin de la parole, qui ne laisse qu’un espace de parole amoindri aux femmes est bien mis en évidence dans certaines études de psychologie sociale, dont on peut trouver un résumé très parlant dans l’article de Corinne Monnet, La répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation.

Pas étonnant, dans ce contexte inégalitaire si banalisé, que ce soient principalement des hommes qui aient accès à la parole publique.
La faible légitimité de la parole des membres du groupe dominé, dans notre société, est par ailleurs une constante : qu’on pense notamment au statut de la parole des enfants, ou des raciséEs.

Pour illustrer cette thématique qui reste souvent dans l’ombre, deux BDs, Quand la conversation est l’école du mépris et dans un article précédent, Parole coupable .

bd féministe

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