Histoire de nibards
La termite brailleuse, 8 octobre 2012

Vous vous êtes surement déjà rendue compte du pouvoir que votre décolleté (plus ou moins négligé et volontaire) a sur de nombreux mâles... C’est un peu comme une cape d’invisibilité, vous sortez vos nibards et hop, c’est comme si vous disparaissiez, laissant les mecs comme hypnotisés, le regard livide.

Vous leur parlez, mais vous vous sentez comme une femme sans tête ou juste comme une paire de seins. Vous pourriez laisser ces derniers là pendant que vous iriez à la piscine, faire vos courses ou passer un week end à la plage. Quand vous reviendriez les récupérer, les gars seraient toujours là à "parler" avec vos nénés... Dommage que les scratchs n’existent pas encore pour nos roberts...

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  • Histoire de nibards
    9 octobre 2012 , par Nurja

    J’avoue ne pas nécessairement bien comprendre la personne qui choisit d’aller quasiment les seins à l’air et qui s’étonne que cela attire certains regards.
    Apparemment le serveur n’a rien dit et a continué à faire son boulot.

    D’un autre côté, je sais comme cela peut être désagréable...


    • Histoire de nibards
      10 octobre 2012 , par la termite brailleuse

      Il me semble que chaque personne devrait avoir la possiblité de s’habiller comme bon lui semble sans subir des regards insistants. Le droit de se promener en mini-jupe ou avec un décolleté devrait être acquis pour tout le monde (fille, garçon, trans, etc.) sans qu’il n’y ait derrière d’insinuations ou de regards accusateurs.
      C’est en raison de propos sexistes d’un policier, Michael Sanguinetti, à Toronto le 3 avril 2011 (enquêtant sur une série de viols commis sur le campus de l’université de York) qu’est né un mouvement de personnes en colère contre ce genre de propos et de réactions : la slutwalk, dont la dernière a eu lieu samedi dernier dans de nombreuses villes à travers le monde. Lors d’une réunion de prévention, ce policier a conseillé aux femmes de ne pas s’habiller comme des « sluts » (salopes) si elles ne voulaient pas se faire violer (être violées) ! Pourquoi un homme peut-il se promener les seins à l’air sans qu’il n’y ait de réactions hostiles et une femme ne le peut-elle pas ? Parce qu’il y a une sexualisation des seins des femmes et de leur corps en général (cf. publisexisme, médias, etc.). On en revient toujours au même point : à bas le patriarcat !


      • Histoire de nibards
        12 octobre 2012 , par Nurja

        Pour moi, la nudité simple est bien moins sexuelle qu’un décolleté où les seins sont mis en valeur.
        Je ne pense pas que l’habillement soit une excuse pour un violeur, c’est clair.
        Mais si je me teins les cheveux en vert ou en rouge, je ne m’étonne pas de constater qu’on me regarde plus que d’habitude. Pour moi, c’est juste la même chose.


        • Histoire de nibards
          16 octobre 2012 , par la termite brailleuse

          Si tu te teins les cheveux en rouge ou en vert, tu le fais souvent pour te faire remarquer. Tu connais le fonctionnement des gens en général, tu t’y attends forcément.
          T’habiller court, ça peut être une question de confort  : quand il fait chaud, on a tendance à enlever des couches, et le décolleté n’est pas forcément volontaire. De plus les gars étant souvent plus grands en taille peuvent avoir une vue plongeante alors que dans ta glace tu te dis que même une bonne sœur pourrait porter ce genre de vêtement.
          Mais ça peut être effectivement aussi une question de "look".

          Cela dit, il me semble que c’est le regard qui est à éduquer de manière à ne gêner personne. Pourquoi nos yeux devraient regarder d’une manière singulière l’aspect physique d’une personne  ?
          Quelqu’un qui portera la crête le fera surement pour ne pas se faire emmerder dans la rue. Quelqu’une qui portera pantalon large et sweat extra large le fera peut-être pour ne pas se faire remarquer.
          On a des tas de raisons de s’habiller de telle ou telle manière mais c’est souvent lié au regard des autres.

          "T’as vu comment elle est habillée, on dirait une p...", "faut pas avoir honte de porter ce genre de grande jupe rose flashy, on dirait un bonbon", "il est habillé comme un pédé", "t’as vu les dents de Jacouille  ?", "regarde ce cul d’éléphant", "ouah  ! La tête de calculatrice", "la vieille peau que voilà", "on dirait un gorille tellement elle est poilue"... La dérive est facile  !

          Critiquer le physique de quelqu’un que ce soit son physique propre ou son physique porté me semble être quelque chose d’inutile, contreproductif et on peut vite se retrouver soi-même montréE du doigt et en souffrir. Ne pas juger quelqu’unE sur ses vêtements me paraît être le début du respect. Nous sommes éduquéEs, il serait bien de pouvoir déconstruire l’éducation (au sens large) afin que chacunE puisse vivre, ce qui inclue se vêtir, comme bon lui semble, sans avoir à endurer les regards pervers, méfiants, hautains, dénigrants, etc. En bref, être libre.

          Une petite citation  :
          « J’ai le vague souvenir d’avoir lu quelque chose comme « mon corps m’appartient ». Oui, mon corps m’appartient. Je dispose de mes seins et de mes fesses et je voudrais dire à chaque fille de ne jamais planquer son corps pour être prise au sérieux. Le faire, c’est accepter que le corps féminin n’ait pas le prestige de sérieux du corps masculin, et qu’il ne lui reste que le terrain de la séduction. »
          extrait de Politiquement correct dans ma tête, morphologiquement incorrecte, par Lola, p.131, Au-delà du personnel, Corinne Monnet et Léo Vidal, ACL, Lyon, 1997


          • Histoire de nibards
            29 octobre 2012 , par [so]

            "mon corps m’appartient" c’était une campagne de sensibilisation sur les agressions sexuelles menée dans les écoles au début des années 2000. Il y avait une comptine "mon corps m’appartient, tu n’as pas le droit... (je ne me souviens plus de la suite)"


          • Histoire de nibards
            5 novembre 2012 , par Belette

            étant "généreusement dotée par la nature" depuis la puberté, j’ai eu plus que mon comptant de réflections crasseuses à propos de mes seins. au collège on m’a traitée de Samantha Fox, dans un camping où j’étais en vacances avec mes parents j’ai même eu droit à "oh les gros nénés !! t’as vu les gros nénés qu’elle a !!" de la part de gamins de primaire... plus tard, je me suis vue comparée à une vache laitière, et je passe sur les pseudos "compliments" auxquels j’ai eu droit à diverses occasions...

            si encore j’avais eu un visage avenant et une taille mannequin, les mecs auraient peut-être pris un peu plus de pincettes. mais je suis ronde et je n’étais à leurs yeux qu’une "grosse vache" répugnante. j’aurais voulu me faire opérer pour ôter tout ce surplus qui me faisait honte. entre les jeunes qui m’insultaient et les vieux qui me mataient plus ou moins discrètement, c’était pas facile...

            curieusement, ça ne m’a pas empêché de porter des décolletés. je ne sais pas, peut-être qu’à un moment j’ai pris mes "pares-chocs" comme de véritables boucliers, style "j’ai des gros seins et je vous emmerde, parce que jamais vous n’y poserez les mains." de toutes façons, tenter de les cacher ne faisait que les rendre plus visibles, et on ne peut pas éternellement se planquer sous des gros pulls informes.

            pour enfin accepter (pas complètement, mais un peu mieux) mon corps dans son ensemble, il m’a fallut attendre de rencontrer l’homme de ma vie et voir dans ses yeux posés sur mes seins autre chose que de la concupiscence, mais de l’émerveillement, et du respect.

            un peu de tristesse et d’envie aussi, car depuis quelques temps, il est obligé de les partager avec notre bébé, que j’allaite avec beaucoup de fièrté et de joie ! et j’emmerde ceux qui m’ont traitée de vache. ils ne sauront jamais quel sentiment intense on ressent de nourrir son enfant avec son propre corps.