L'aGitation dans la BoîTe à outIls - textes
Vasectomie, une contraception définitive.
Lecture à l’écran
par Collectif de Partage et d’Information sur la Vasectomie, 19 septembre 2011


La vasectomie est une opération chirurgicale qui consiste à empêcher les spermatozoïdes de sortir du corps en agissant sur les canaux déférents, permettant ainsi d’obtenir une contraception permanente et particulièrement fiable. Les premières vasectomies sur des humains ont lieu dès la fin du XIXème siècle, et la méthode est popularisée dans le monde entier dès les années 1960. Cette technique reste encore mal connue par le public en france, et n’y a été autorisée qu’à partir de 1999-2001 : depuis, toute personne majeure peut, en théorie, demander à se faire vasectomiser.

Seulement, ce n’est en général pas si simple. De nombreux urologues rechignent encore à pratiquer cet acte, surtout si vous êtes « jeune » et/ou sans enfant, tant les tabous et les représentations négatives autour de la stérilisation volontaire restent grands. Ils ne font là que refléter l’opinion générale, qui continue à assimiler la vasectomie à la mutilation, voire à la castration.
Dans un contexte où la contraception reste un fardeau imposé aux femmes, où le natalisme reste un dogme, au point que certains dirigeants se félicitent officiellement, en 2011, du fort taux de natalité en france, il ne faut pas s’étonner que la vasectomie, et plus généralement, les moyens de contraception masculins, ne soient pas plus développés ou utilisés.

Le contexte reste parfois compliqué, mais ne dramatisons pas. Pour une personne qui souhaite cette contraception, qu’il est conseillé de considérer comme définitive, la vasectomie reste abordable sur de nombreux aspects :

D’où l’importance de partager nos expériences avec ceux qui veulent une vasectomie, pour qu’ils puissent trouver des urologues qui ne leur seront pas hostiles, avoir une idée de nos ressentis de l’opération, des résultats de celle-ci sur nos vies... parce qu’au quotidien, ce n’est pas forcément évident de parler de ce sujet avec notre entourage. C’est ce constat, que nous avons tous pu faire au cours de notre parcours, qui nous a donné envie de permettre à chaque personne le désirant d’accéder plus facilement à ce droit, qui fait partie du droit à choisir sa contraception, et, par extension, à disposer de son corps.

Collectif de Partage et d’Information sur la Vasectomie
Un très bon site internet sur la vasectomie :
http://vasectomieenfrance.unblog.fr

I- Les différentes techniques de vasectomie

Ce chapitre est une citation libre de
http://vasectomieenfrance.unblog.fr...


La vasectomie consiste à couper ou ligaturer les canaux déférents :

Cette technique est souvent présentée comme étant définitive bien qu’il existe une opération de réversibilité (la reperméabilisation ou vasovasostomie), celle-ci n’est pas garantie : les résultats oscillent entre 70 et 90 % de reperméabilisation et 40 à 65 % de grossesses [1]. Plus la durée de temps est importante entre la vasectomie et la reperméabilisation, plus les chances de succès de cette dernière sont faibles.
La vasectomie peut parfaitement être réalisée sous anesthésie locale, en chirurgie ambulatoire. Pour des raisons de confort, notamment, de nombreux chirurgiens préfèrent proposer l’anesthésie générale,
Deux techniques de vasectomie existent : la méthode dite classique et celle dite sans bistouri, parfois appelée technique chinoise et aussi, de façon erronée, technique au laser. La différence principale entre ces deux méthodes est la façon par laquelle on va chercher le canal et non la technique utilisée pour bloquer les canaux. Par conséquent, il n’y a aucune différence au niveau de leur efficacité.

La méthode classique


La méthode classique consiste habituellement à faire deux incisions de 2-3 cm, une de chaque côté du scrotum, « le sac ». On doit ensuite faire des points de suture pour refermer la peau. Elle est encore majoritairement pratiquée en france, avec une incision de 1 à 2 cm selon les praticiens.
La vasectomie sans bistouri

La vasectomie sans bistouri fut inventée en chine en 1974 et introduite au canada en 1992. Grâce à la mise au point de deux instruments chirurgicaux spécialement conçus à cette fin, on peut faire une seule incision beaucoup plus petite au centre du scrotum. L’accès aux canaux par le centre du scrotum est encore moins traumatique : une seule incision est faite, dans une zone moins vascularisée, ce qui réduit les hématomes.

Pour bloquer les canaux déférents


Différentes méthodes permettent l’occlusion (bouchage) des canaux : ligature (attache), cautérisation (brûlure), excision (suppression d’une partie), clampage (installation d’une agrafe) et interposition de gaine (fermeture d’une extrémité avec son enveloppe). Plusieurs études démontrent que la cautérisation adjointe de l’interposition de la gaine, méthode dite ouverte ou open-end, augmente l’efficacité de l’occlusion.

Cette technique, répandue en Asie et au canada, semble présenter l’avantage de laisser échapper dans le scrotum les spermatozoïdes, évitant ainsi leur surpression dans l’épididyme [2] et les douleurs chroniques qui y sont associées ainsi que l’épididymite, ou infection de l’épididyme. Elle est à conseiller pour ces raisons. Néanmoins, il semble que la libération dans le scrotum des spermatozoïdes soit, selon certaines études, à l’origine du développement d’anticorps responsables de l’arrêt de la production de spermatozoïdes dans des délais très variables selon les patients observés.

Cette méthode est encore peu utilisée par les chirurgiens français qui préfèrent pour la sécurité de leurs interventions fermer les deux extrémités.



II- Petite histoire de la vasectomie

Les premières découvertes

1775, royaume-uni : John Hunter, chirurgien et anatomiste, constate, lors de compte-rendus de dissection, l’intégrité testiculaire chez un sujet dont les canaux déférents étaient obstrués. [3]

1804, france : Code Napoléon. Pour sanctionner les soldats s’étant auto-mutilés pour ne pas partir au combat, la mutilation est interdite par la loi. La vasectomie, qui n’a alors été pratiquée qu’à titre expérimental, n’est pas nommée, mais cette loi sera ultérieurement invoquée pour criminaliser (1937) ou refuser des vasectomies. [4]

1823, royaume-uni : Astley Cooper, chirurgien et anatomiste, montre que la vasectomie n’a pas de conséquences sur le testicule. [5]

1883 : White et Guyon la proposent pour réduire le volume de la prostate [6]. Jusqu’au début du vingtième siècle, la vasectomie sera aussi présentée comme guérissant des maladies des voies urinaires, permettant de rajeunir traitant l’impuissance, ou atténuant la libido. La recherche médicale a clairement montré depuis que la vasectomie n’avait aucune efficacité thérapeutique de ce genre. [7]

Les débuts de la vasectomie comme méthode contraceptive

Nous ne parlerons pas de la stérilisation forcée, pour ne pas mélanger la vasectomie comme démarche volontaire avec l’utilisation autoritaire de cette technique.

31 juillet 1920, france : vote d’une loi interdisant la propagande et la distribution des produits anticonceptionnels ainsi que l’avortement. [8]

1920-1930, autriche : Eugen Steinach, un des pionniers de l’endocrinologie des hormones sexuelles, développe la vasectomie. Il opère notamment Sigmund Freud.

1937, Bordeaux, france : Le seul procès qui ait eu lieu en france pour des vasectomies. Norbert Bartosek [9], docteur anarchiste autrichien, voulait promouvoir la vasectomie dans les milieux libertaires. Son frère, docteur et chef de clinique à Gratz (autriche) était, avec le professeur Scherz, l’inventeur d’une nouvelle méthode pour pratiquer la vasectomie. Les deux frères vont mettre en pratique ce procédé, mais ils sont poursuivis par la justice pour "stérilisation non-autorisée". Norbert Bartosek se réfugie alors en france, à Lyon puis à Bordeaux, où il opère une quinzaine de volontaires avant d’être dénoncé, puis condamné à trois ans de prison pour « castrations et violences ».

Le développement de la vasectomie : partout ?

1956, inde : pour la première fois, un pays introduit officiellement la stérilisation volontaire dans le programme de planning familial. [10] La pratique de la vasectomie s’y développe, soutenue par des dispositifs comme la rémunération des vasectomisés. [11]

1960, états-unis : la stérilisation à visée contraceptive fait son apparition, et devient légale en 1972. [12] Elle y connait un essor important par la suite.

1973, france : création du premier Centre d’Etude et de Conservation des Oeufs et du Sperme humains (CECOS) [13], ce qui ouvre la voie à l’autoconservation de sperme avant vasectomie.

Années 1980 : la vasectomie, qui est légalisée dans de nombreux pays, y continue son essor, notamment en chine, en inde et aux états-unis, parfois impulsée par des politiques officielles favorables, du fait de sa simplicité et de son faible coût comparé aux autres méthodes de contraception. En france, la vasectomie reste confidentielle, malgré l’intérêt porté au développement d’une contraception masculine par certains groupes, dont l’Association pour la Recherche et le Développement de la contraception masculine (références dans le chapitre ressources).

29 juillet 1994, france : La vasectomie se trouve interdite par la loi de bioéthique qui ne la nomme pas explicitement. Elle introduit l’article 16-3 dans le Code civil qui précise qu’Il ne peut être porté atteinte à l’intégrité du corps humain qu’en cas de nécessité thérapeutique pour la personne.

27 juillet 1999, france : la loi CMU (Couverture Maladie Universelle) modifie l’article 16-3 du code civil en substituant le terme médical au terme thérapeutique (loi n°99-541 du 27 juillet). [14]
En conséquence, la vasectomie est autorisée.

4 juillet 2001, france : promulgation de la loi 2001-588 précisant le cadre dans lequel la stérilisation masculine et féminine doivent être pratiquées (articles 26 et 27, ainsi que les articles L.2123- 1 et L.2123-2 du Code de la Santé Publique). En théorie, toute personne majeure et reconnue apte à disposer d’un consentement éclairé peut obtenir une stérilisation (vasectomie, ligature des trompes, et méthode Essure depuis 2007) après un délai de réflexion de quatre mois.

Et aujourd’hui ?

« La stérilisation est la méthode contraceptive la plus répandue dans le monde. D’après les estimations des Nations Unies, en 2005, 262 millions de femmes en âge de procréer utilisaient la stérilisation comme méthode de contraception. Parmi elles, 225 millions avaient recours à la stérilisation féminine et 37 millions à la vasectomie, qui représentaient respectivement 34 % et 5,6 % de l’ensemble des méthodes contraceptives utilisées ». [15] Ces chiffres masquent des disparités importantes selon les pays : il y a aujourd’hui environ 500 000 vasectomies par an aux états-unis, 25000 aux pays-bas, et moins de 1500 en france. [16]

L’autorisation de la vasectomie en france n’a pas suffi pour y développer la pratique. Aucune campagne, à notre connaissance, n’a été faite vis-à-vis du public pour annoncer les changements qu’offre la loi de 2001. La stérilisation reste souvent associée, dans les mentalités, à la castration, et le spectre de l’eugénisme n’est pas loin. Pour une bonne partie des urologues et des médecins, la vasectomie reste une opération extrême. Tout ceci n’est pas sans lien avec le fait que la france est un des pays les plus féconds d’europe. Le natalisme n’est pas mort, hélas. Pendant ce temps-là, le nombre de médecins formés à pratiquer des avortements chute, tout comme le nombre de services qui s’y consacrent...

Ces difficultés d’accès peuvent refroidir l’ardeur de ceux qui cherchent à obtenir une vasectomie. D’où la nécessité de bien se renseigner, de connaître ses droits et de frapper aux bonnes portes. Et pour se représenter ce parcours, rien ne vaut le témoignage !

III- Témoignages

Tout a commencé fin février 2011, par cet appel à témoin, passé sur plusieurs sites internet ainsi que sur quelques listes.

Nous recherchons des hommes ayant fait une vasectomie qui souhaiteraient témoigner dans le cadre d’une brochure sur le sujet. Notre but : partager des informations, des expériences autour de cette pratique qui reste confidentielle. Anonymat garanti. Tous profils bienvenus. Mode de diffusion : le texte sera édité sous forme de brochure et/ou de livre, en fonction du nombre de témoignages, et ensuite diffusé à prix coûtant. Les témoignages seront recueillis jusqu’au premier mai 2011.

Plus de personnes ont répondu que ce que nous imaginions, nous en sommes très touchés, et nous les remercions grandement de s’être associées à cette démarche.


Wlad, 31 ans au moment de la vasectomie (Grenoble, 2010), sans enfant

Un jour, il y a environ quatre ans, dans le jardin de mon squat, un ami m’a parlé de vasectomie, me disant que cela lui disait depuis longtemps, mais que bon, c’était interdit en france, qu’il fallait aller loin, genre en espagne et qu’il avait peut-être un plan. C’est un peu là que tout a commencé. J’ai été frappé de cette révélation, un peu étrange, de sentir que quelque chose résonnait en moi, quelque chose qui était fait « pour moi ».

D’aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais voulu d’enfants, non que je les déteste, bien sûr, mais cela me semblait une prise en charge trop dure, dangereuse, pour moi. D’un côté parce que je ne me sens pas à la hauteur à long terme. Vais-je les aimer ? M’occuper bien d’eux ? Cela a bien sûr une résonance avec mon histoire familiale un peu compliquée, dure. J’ai été un enfant battu, pendant de nombreuses années, et il est à peu près évident que je n’ai personnellement aucune certitude que les parents aiment les enfants. Du coup, cela ne m’a pas forcément donné envie de tenter l’expérience. Si je n’aimais pas cet enfant, cela pourrait-il faire ressortir une espèce de Mr Hyde en moi ? Je n’ai jamais pensé que mes parents étaient des monstres « entièrement ». Ce en quoi je ne m’estime pas tant que cela supérieur à eux.

En plus, je n’aime guère la propriété privée et j’ai toujours pensé n’avoir pas besoin d’un enfant à moi. J’ai souvent habité avec des amies qui avaient des gamins, toujours dans des situations de mère célibataire et je tombais souvent pas trop mal, cela me permettait de filer des coups de main et me laissait du temps disponible pour les autres, n’ayant pas de perspectives personnelles d’avenir à long terme. C’est une chose un peu rare et précieuse, le temps.

J’ai aussi, sans doute, un peu recherché « une famille » en me barrant le plus vite possible de la mienne d’origine. Et j’ai vite ressenti que les personnes qui avaient des enfants étaient exclues ou s’excluaient d’elles-même de nos communautés, et que c’était triste. Donc, j’avais envie de m’éloigner de ce risque là en aidant le plus possible ceux et celles qui étaient dans cette situation.

Malheureusement, avec mes copines respectives, je n’ai pas été non plus très rigoureux dans les moyens de contraception employés, ce qui a donné des résultats assez catastrophiques et deux ou trois avortements ou grosses frayeurs. Situation un peu détestable, culpabilisante et surtout lourde de conséquence pour mes camarades, ce qui m’a un peu plus poussé à prendre une décision radicale, qui, je le pensais, allait arranger tout le monde.

Tout cela a produit une grande certitude dans ma tête, je vais me faire vasectomiser. Forcément, notre promesse d’y aller ensemble avec le pote de départ s’envole dans les nimbes et j’y pense régulièrement mais me sens assez impuissant à aller farfouiller à l’étranger quelle piste suivre lorsque, quelque un an après, un autre pote me parle de vasectomie et dit qu’il est motivé depuis longtemps mais qu’il ne passe pas le cap.

Forcément, il fait une drôle de tête lorsque je lui demande quel contact il a à l’étranger et me répond que cela ne lui semble pas nécessaire, vu que c’est légal depuis 8 ou 10 ans au moins en France. Enfin, bon, on se rend compte qu’on est un peu des ânes, qu’on est guère renseignés et le soir même, je passe des heures sur internet à chercher quelque info, chose que j’aurais bien pu faire avant, mais bon. J’étais à ce moment-là célibataire.

Je mets quelques semaines à aller au planning familial demander le contact d’un urologue réalisant cette opération. La copine du planning me donne le numéro d’un qui prend les gens qui ont la CMU et le soir même mon premier rendez-vous est posé. Je n’ai à peu près jamais douté et fus plutôt surpris de cette certitude en moi.

J’échafaude toute une stratégie pour l’urologue, qui est censé analyser ma motivation intrinsèque, et suis à ce moment-là plutôt bien renseigné. Le fameux urologue a l’air de s’en foutre, il aura sa tune, râle un peu pour la forme que je sois un pauvre, cela sera pour lui le service minimum (il réalisera l’opération à perte qu’il dit), il respectera le protocole et ne posera aucune question autre que « vous êtes motivé ? ».

C’est donc parti pour quelques visites de rigueur, une batterie d’analyse en labo et 3 mois obligatoires de « réflexion »... Je suis alors en couple. Si mes ami-e-s ont à peu près tous et toutes flippé du caractère inéluctable de la chose, ils et elles sont généralement resté-e-s discret-e-s et aidant-e-s. Quoiqu’il soit clair que cela faisait peur à certain-e-s, j’évitais alors d’en parler. J’ai eu quelques « si tu en as envie, je te soutiens » mais plus de « définitif ! Tu te rends compte, tu risques de le regretter ».

Bon, en gros, tout le monde a été sincère et chouette. Mais bon, on ne peut pas dire que ça parle aux foules pour autant, la vasectomie.

Par contre, ma copine d’alors s’est sentie imposer un choix. Que je prenais un peu tout seul une décision contre laquelle elle ne pouvait rien. Forcément, je n’avais pas trop analysé les choses comme cela. J’étais un peu pris de court. D’un côté je me disais que c’était à moi de prendre cette décision me concernant, quoiqu’il arrive. Et j’ai sans doute un peu confirmé son hypothèse en ne changeant pas d’avis.

Aujourd’hui, je pense que dans ce cas aussi, c’est les garçons, encore une fois, qui ont les cartes en main et formalisent leur choix. Après, si le ou la partenaire doute, c’est à l’autre de l’accompagner dans cette réflexion mais je ne pense pas que l’on puisse et doive répondre à la place de la personne qui doit aussi se retrouver face à ses choix. Si les partenaires ne veulent pas la même chose, il existe des alternatives et quoiqu’il advienne, même si l’on ne finit pas en étant d’accord, autant le savoir.

On m’a demandé de congeler du sperme. Vu que j’avais trente ans et pas d’enfant, c’était la condition de l’urologue. Il me demandait de le faire 10 ans, et ce à mes frais (60 euros par an je crois). La dame de la banque du sperme a été la seule à me poser 465352415 questions un peu moralisatrices et culpabilisantes, genre « avez vous pensé aux personnes qui ne peuvent pas avoir d’enfants ? ». Je lui ai répondu que je ne voyais pas en quoi le fait de penser à eux et elles aller les aider et m’aider, mais bon, toute discussion réelle entre nous semblait impossible.

Je finis par arriver à la date de fin des trois mois, tout se passe à merveille et la date est posée. Je reste un peu discret sur cela avec ma copine tout en lui disant tout quand même. À côté de cela, je parle pas mal avec les ami-e-s qui m’aident à ne pas céder à la question aux mille visages : « vais-je regretter ? ».

Tu vas regretter, partout et tout le temps. J’ai pourtant déjà la certitude que non, dans la vie il n’y a pas de certitude à si long terme, que même si je change d’avis un jour, cela ne sera pas pour autant que je ne comprendrai ce qui m’avait motivé à cette époque. Et puis bon, les personnes qui ont des enfants regrettent-ils leur choix ? Peut-être bien que oui, mais bon, est-ce si grave ?

L’opération se passe bien, à peine quelques douleurs pendant à peu près trois jours. J’attends encore trois mois pour savoir si l’opération a fonctionné. Nous nous séparons avec ma copine. À peu près au moment où je reçois les résultats qui confirment le succès de la vasectomie.

Du coup, entre la première fois où j’ai entendu parler de la vasectomie et ma première visite chez l’urologue, il s’est écoulé un an et quatre mois et entre cette première visite et la confirmation du succès de l’opération, il s’est écoulé presque 9 mois. Donc, en tout un peu plus de deux ans.

Je n’ai rien payé de l’opération. Et juste les premiers six mois de la conservation de sperme, dans la mesure, où, bien sûr, je n’ai pas renouvelé la conservation puisque je ne l’avais pas souhaité. J’imagine que l’urologue a dû être au courant, et n’a pas dû être content, mais bon, il ne peut plus guère rien y faire aujourd’hui. Je n’ai perçu aucune différence sur mon éjaculation, mes sensations et n’ai aucune douleur liée à cela.

Je n’ai pas de regret ni de tristesse. Bien sûr, cela ne fait pas longtemps, mais je me sens toujours aussi résolu, bien que je n’ai pas l’impression que cette décision soit un « choix » mais plus une certitude qui s’impose d’elle-même. Peut-être que je ressens une peur diffuse qui est liée au fait de ne pas avoir de contact avec ma famille et la certitude que je n’en aurai pas non plus plus tard, ce qui parfois me fait me sentir un peu seul. Ou en tout cas risquant de l’être. Cela me donne l’impression d’être plus vulnérable au sein des relations de groupe, d’amitié, puisque l’enjeu pour moi est un peu différent, peut être plus gros, mais bon, je n’en suis pas si sûr non plus, c’est sans doute un peu de la paranoïa.

J’ai décidé de ne plus vivre pendant un temps d’histoire amoureuse, et d’éviter la situation de couple, donc je n’ai communiqué sur ce sujet qu’avec des ami-e-s. J’ai l’impression qu’il n’y a pas de réaction particulière, à part cette éternelle et étrange peur de ce qui est immuable, définitif. Je prends parfois quelques précautions lorsque je sens que les personnes « tiquent » lorsque je parle de ce sujet, ce qui est rare.

Je n’en ai pas expressément parlé à mes parents mais n’ai aucune communication avec eux, en tout cas rien d’intime, je leur ai cependant dit que je n’aurai pas d’enfant sans approfondir le sujet. Ils n’ont pas réagi.

Je considère que la vasectomie n’est pas, pour moi, réellement un acte politique mais plutôt l’aboutissement de quelque chose qui a toujours fait sens mais qui n’est pas que réfléchi et décidé. Après, oui, les conséquences de la vasectomie sont politiques, en outre des raisons personnelles liées à mon histoire, que je ne maitrise pas vraiment, le choix de ne pas avoir d’enfant est aussi lié à des raisons politiques (ou philosophiques ou psychologiques ou intuitives). Mais bon, le personnel est politique, non ?

En tout cas, je crains qu’au-delà de raisons fort positives, la vasectomie ait aussi des conséquences qui ne sont pas que positives. Si pour moi, le fait d’avoir des enfants rend souvent dépendantes les copines, aliène les parents et les isole, oblige à se normaliser voire rend égocentré (tout ça, bien sûr, étant des grosses généralités)... cet avis n’est pas partagé et l’on a pu me reprocher d’imposer cet avis à l’autre. Et imposer quelque chose, en tant qu’homme, n’est pas très original, je crains.

J’ai aussi pu voir un cas de garçon se servant de la vasectomie pour motiver une potentielle partenaire sexuelle à passer à l’acte vu qu’il n’y avait pas de « risque » de grossesse. La libération sexuelle n’est pas toujours dans le sens voulu.


Antoine, 28 ans au moment de la vasectomie (Toulouse, 2010), sans enfant

J’ai commencé à penser à la vasectomie vers mes vingt et un ans, en 2003. Je n’étais alors pas très responsable côté contraception, et j’avais des pratiques exclusivement hétérosexuelles et banales, c’est-à-dire assorties de pénétration. Le mélange de ces éléments comportait un risque important de « ratés » côté contraception, ce qui ne manqua pas d’arriver.

Peu après avoir rompu, ma partenaire d’alors m’annonça qu’elle était enceinte. Je ne m’étais jusque là jamais retrouvé face aux conséquences de mon insouciance égoïste quant à la contraception, et ce fut un rappel brutal à certaines réalités. Il se trouvait qu’elle ne voulait pas poursuivre sa grossesse, et moi non plus. Mais la perspective qu’il pût en être autrement, et que je me doive d’assumer une éventuelle paternité m’avait particulièrement effrayé.

Pour être honnête, je ne saurais pas dire ce qui, de la peur d’avoir à assumer une telle charge ou de la honte rétrospective de n’avoir pas pris ma part de responsabilité concernant la contraception, a été le plus vif. De mon fait, cette amie a dû faire un avortement médicamenteux à domicile. J’étais passé la voir et lui proposer un coup de main matériel pendant les quelques jours où elle était patraque du fait des médocs, et son image, très fatiguée et alitée, m’a profondément marqué. J’avais vraiment les boules de ne pas m’être soucié de ce qui pourrait lui arriver.

C’est peu longtemps après que j’ai commencé à m’intéresser de plus près au féminisme, il n’y a sûrement pas (que) du hasard là-dedans. Au fil des lectures, j’entends parler pour la première fois de vasectomie. Mais c’est un écho lointain, imprécis, d’hommes qui le faisaient dans les années soixante-dix. Il a fallu que je parte outre-atlantique pour en entendre parler pour la première fois comme une méthode actuelle et accessible. L’idée de me faire stériliser me trottait dans la tête, peut être que le fait d’approcher de l’âge où mes parents avaient eu leur premier enfant (moi) me stressait un peu. Peut être la peur des pressions diffuses qui conduisent tant de personnes à abandonner leurs choix pour des modes de vie plus valorisés socialement....

Une fois rentré en france, je me remets à penser à cette opération, pendant l’automne 2004. Après quelques recherches sur internet, le but me semble facile à atteindre : une loi dite de Modernisation Sociale vient de passer en 2001, et elle comprend un volet qui « décriminalise » la vasectomie, du moment où le consentement du patient est établi, et qu’il est majeur. Chouette, je vais pouvoir exercer mes droits, pas besoin de batailler, ou de partir dans un autre pays !

J’y vais bravement, comme on va chez le dentiste, sans plus de préparation que ça. Je fais une première consultation, qui se solde par un échec. Je suis trop jeune et n’ai pas assez d’enfants pour que l’urologue accepte. En bon prince, il accepte tout de même de me débourser d’une trentaine d’euros. Suit un deuxième urologue, où la réponse est à peine meilleure : revenez dans un an... Je décide de continuer, tout en étant un peu humilié quand même, par leurs réflexions : « quand on est jeune on peut changer », « je n’ai pas le droit d’opérer quelqu’un d’aussi jeune pour cette opération », etc.

En général, c’est la première fois qu’on leur demande ça, surtout quelqu’un de mon âge. J’aurais eu le look de Alf je crois qu’ils auraient pas beaucoup moins halluciné. À ce moment, je viens tout juste de ne plus être soutenu financièrement par mes parents, et ça fait d’autant plus mal, je me sens encore « minorisé ». Et un peu pris pour un idiot : étaient-ils de bonne foi, ou me pensaient-ils ignorant, je ne le saurais jamais, mais les deux m’assuraient que dans ma condition, l’acte était illégal, je leur rappelais la loi, ça les déstabilisait dix secondes, mais ils campaient sur leur refus.

Pour me préserver, et préserver mes finances palotes, je décide de ne plus prendre de rendez-vous au pif, et de voir au téléphone, avec le secrétariat, si le chirurgien serait susceptible de m’opérer connaissant ma situation « particulière ». J’arrive par ce moyen à ne plus prendre de rendez-vous, et donc à ne plus payer, tout en tâtant le terrain.

Même discours. Même ignorance affichée de la loi de 2001. Puis, j’obtiens un rendez-vous au CHU d’une autre ville, où a priori, le terrain est favorable, pour autant que je pouvais en juger au téléphone, avec le secrétariat (les chirurgiens sont rarement joignables). Avec mon amie, nous décidons de sortir le grand jeu : de faire le numéro du petit couple hétéro qui n’en veut, qui est soudé et tout et tout. Peine perdue, après un petit préambule pour la forme, c’est le même discours que le chirurgien nous sort, celui des quarante-ans-et-deux-enfants-sinon-vous-risquez-de-le-regretter.

On est maintenant au printemps 2005, et je me sens un peu découragé après cette dizaine de tentatives infructueuses. Et ce, malgré le soutien de mon colloc et de mon amie, qui m’ont aidé à continuer à y croire, et ne pas trouver cette envie ridicule, comme les chirurgiens voulaient m’en convaincre,

Je décide de retenter à l’automne 2005 la piste de celui qui m’avait dit de revenir l’année suivante. Je me doutais que cette histoire de l’année de réflexion, alors que le délai légal est de trois mois, c’était juste une façon de se débarrasser de moi, parce qu’à mon âge on change vite et qu’un an après, tout ceci sera envolé. Vu que toutes les autres pistes ont échoué, je me dis que c’est la seule où j’aie une possibilité, le chirurgien devrait se sentir obligé de respecter un minimum sa parole.

Lors du premier entretien, je crois toucher le but : je rappelle au chirurgien notre rendez-vous de l’année passée, et miracle, il me fait signer le formulaire de consentement libre et éclairé. Il émet seulement une condition, que j’aille au CECOS (Centre d’Étude et de Conservation des Œufs et du Sperme humains) pour faire une autoconservation de sperme, et qu’une fois la conservation réussie, la vasectomie pourrait s’envisager.

La conservation coûte la bagatelle de cent et quelques euros, non remboursés bien sûr. Je passe sur le côté bizarre qu’il y a à aller se masturber dans un milieu hospitalier, pour conserver des spermatozoïdes alors qu’on veut une vasectomie, et par la même occasion de se retrouver dans une salle d’attente remplie d’affiches sur les problèmes de fécondité, et de couples venus demander un coup de main pour concevoir un enfant. Je reste motivé, un vrai « jeune qui n’en veut ».

En partant du CECOS, on m’annonce au secrétariat que le chirurgien pose une nouvelle condition : il faut que je voie la psy de l’établissement avant l’opération. Je sens venir l’arnaque, mais puisque c’est gratuit et que je n’ai pas trop d’autre choix si je veux aller au bout, je prends un premier rendez-vous. Il y en aura une huitaine. Où je lui parle de tas de choses pour tenter de la convaincre que je veux vraiment cette vasectomie, et que ce n’est pas une façon de régler un conflit familial ou quoi que ce soit du genre.
Pas évident d’en dire assez pour jouer le jeu, tout en surveillant ses mots qui pourront être interprétés comme prétextes pour des refus. Cacher les informations qui pourraient être « retenues contre moi ». L’impression d’être sur la corde raide. Éprouvant.

Au bout du huitième rendez-vous, je sens que la perspective de la vasectomie s’est éloignée, et qu’on me mène en bateau. J’arrête les séances et demande à la psy d’envoyer son rapport à l’urologue histoire qu’on en finisse. Le courrier de l’urologue tombe, quelques semaines plus tard, en mai 2006 : « j’ai effectivement reçu la lettre du psychologue que vous avez consulté. Pour des raisons qui me sont propres, je ne préfère pas réaliser la vasectomie que vous demandez. Je vous laisse le soin de contacter un autre de mes collègues pour en discuter avec lui ultérieurement. »

Comme je n’ai pas que ça à faire non plus, que ça ne me gêne pas plus que ça dans ma vie sexuelle (préservatifs en cas de pratiques pénétrantes plus rares qu’avant), et que n’ai pas envie de me heurter sans cesse à ce mur du mépris, je laisse tomber pour le moment. Et par ailleurs, je déménage à Toulouse, j’oublie un peu tout ça.

Presque quatre ans plus tard, en écoutant sur internet une émission de radio, j’ai eu un déclic. L’émission, c’était Cas Libres, une émission de libre antenne « sans tabous ni jugement », le contrepied féministe du Doc et Difool. On était en février 2010, et il y était question, entre autres, de vasectomie. À les entendre, ça semblait facile d’obtenir cette opération, comme si la loi de 2001 s’était enfin matérialisée pour de vrai.

Mi-agaçé, mi-interloqué par leur discours, dont je pensais qu’il allait envoyer des cohortes de jeunes hommes se faire sermonner par des chirurgiens impassibles, tout en me disant que les temps avaient peut-être un peu changé, je suis allé me renseigner, à la manière dont c’était conseillé dans l’émission. J’ai commencé par le Planning Familial, qui m’a donné quelques adresses, dont celle d’un médecin généraliste qui était susceptible d’avoir des contacts, et celle d’un urologue. Comme le médecin m’avait été recommandé, j’y suis allé en premier.

L’impression de retourner le même film, rien n’avait changé en quatre ans. Désespérant. Je me suis dit qu’à ce compte-là, autant aller directement voir l’urologue, à la clinique du Languedoc. J’ai tenté d’obtenir des infos au téléphone, pour tâter le terrain, de la même façon qu’il y a quelques années, mais rien de précis. J’y vais en préparant un argumentaire bétonné. Je suis même prêt à prétendre que j’ai deux enfants, ce qui est plus crédible, j’ai maintenant vingt-huit ans.

Le jour du rendez-vous, j’en mène pas large, le même stress que pour un exam, c’est dire. L’urologue me reçoit, et commence immédiatement à m’expliquer le procédé. Le ton de sa voix, et le fait de rentrer directement dans le vif du sujet me laissent à penser qu’il est évident qu’il va me faire la vasectomie. Surprise. Je laisse tomber l’idée de m’inventer des enfants, pour dire simplement mon parcours jusque là, lettre du précédent urologue à l’appui. Il m’annonce que, compte tenu du fait que j’ai eu ces précédents rendez-vous chez d’autres urologues, le délai de réflexion légal n’est plus requis, et qu’il peut m’opérer le mois prochain.

J’étais venu histoire de voir ce que ça pouvait donner, sans y croire, je me retrouvais potentiellement vasectomisé le mois suivant, ça allait carrément trop vite. Tant mieux. Du coup, j’ai pas retenu grand chose sur la méthode qu’il allait employer, tellement j’étais sur mon petit nuage. Il m’a proposé une anesthésie générale, par confort, j’ai accepté, j’aime pas trop être éveillé quand on me tripatouille.

J’ai signé les papiers indiquant mon « consentement libre et éclairé », ai pris rendez-vous pour le mois suivant, et j’ai appris avec plaisir que, du fait que j’étais à la Couverture Maladie Universelle, l’opération ne me coûterait rien. Une autoconservation de sperme au CECOS m’a été proposée, en discutant un peu on m’a fait comprendre que c’était recommandé mais non obligatoire. J’ai dit que j’allais réfléchir, pour ne pas être trop frontal, mais je savais déjà que je ne le ferais pas.

J’ai été bien entouré. La possibilité d’en parler avec des proches qui n’y étaient pas hostiles, voir complètement favorables, m’a aidé quand j’ai eu l’impression de me heurter à des murs, et à subir toujours le même discours infantilisant « et si vous changez d’avis » aux sous-entendus natalistes. La personne qui m’a le plus aidé dans l’histoire, c’est celle avec qui je partage une bonne partie de ma vie depuis bientôt huit années et qui m’a soutenu et encouragé la première comme la deuxième fois. Ma détermination lui doit beaucoup. À part ma sœur, aucun membre de ma famille n’a été au courant. Pour moi, ça ne les regardait pas. Il faut dire que je n’ai pas des rapports forcément très proches avec eux.

Cette fois-ci, j’avais l’expérience du ratage de la première fois. Du coup, j’ai évité d’en parler trop pendant le mois qui me séparait de l’opération, comme s’il fallait que ça reste un peu secret pour que ça puisse marcher. De temps en temps, j’y pensais et ça me rendait euphorique, avec une sensation très agréable, comme si j’étais sur le point d’accomplir quelque chose de très difficile, quelque part la confiance en moi qui avait pu s’écorner la première fois revenait. J’avais la sensation d’être enfin pris au sérieux, de ne plus être traité comme un enfant.

Au-delà de l’aspect strictement médical, j’ai apprécié de devoir aller chercher de l’antiseptique à la pharmacie quelques jours avant l’opération, et de prendre une douche avec ce produit la veille et le jour même : j’étais enfin pleinement en condition.

Le grand matin est enfin arrivé. Le bus m’amène à la clinique qui est à l’autre bout de la ville. Arrivé dans le bon service vers huit heures, j’attends un peu l’aide-soignante, qui m’annonce qu’il faut que j’aie le sexe tondu. Je me rase avec une tondeuse qu’elle me donne, puis, jugeant mon débroussaillage pas encore satisfaisant, elle me finit, ce qui me gêne un peu. Quand le personnel médical me demande pour quelle opération je viens, je ne suis pas très à l’aise de répondre « vasectomie », il y a un peu de surprise de leur part, pour l’impression que j’en ai, sûrement due à mon « jeune » âge. J’en mène pas large.

Le moment de m’emmener au bloc arrive enfin. Le chirurgien est surpris : « ils vous ont rasé ? Pourtant je leur avais dit que c’était pas nécessaire.... » mince, j’aurais pu y échapper ! Après un rituel « vous êtes toujours sûr de votre décision ? » et une question rapide pour savoir si j’avais fait l’autoconservation, ce à quoi je réponds que non, sans plus de réaction en face, on m’endort.

Je me réveille deux heures après environs. Il est midi, et on vient m’annoncer que je peux sortir. On insiste un peu pour qu’une personne vienne me chercher, je précise que je me sens bien, et je signe la feuille de sortie. Je sens que ça tire un peu sur les testicules quand je marche, malgré le slip médical que je porte, mais rien de douloureux. L’anesthésie, bien que générale, était assez légère, je me sens à peine un peu patraque.

Les deux-trois jours suivants, ni vélo, ni randonnées, on ne sait jamais. Un léger stress me vient, suite à cette impression d’avoir sauté dans le vide. Ce qui est un peu bête, c’est que les questions idiotes qu’on m’a fait, j’en suis venu à me les poser un peu après coup. Est ce que j’ai fait le bon choix ? Mais rien de grave, ça ne dure pas. Le seul souci que j’ai eu était relatif aux points de suture. C’est un peu particulier d’avoir des points de suture sur les testicules, vu que la peau y est plus ample qu’ailleurs. Ça fait un peu l’effet d’un pantalon qu’on aurait mal recousu, dont le tissu aurait été tiré, rétréci, à l’endroit de la couture. Les fils, qui sont prévus pour se résorber automatiquement au bout de quelques jours, n’ont pas nécessité d’être enlevés. Pour autant, tant qu’ils ne s’étaient pas complètement dégradés, un léger pus se formait sur la couture. Je suis retourné voir l’urologue pour ce problème ainsi que pour une grosseur un peu dure sous la couture. Il m’a assuré que ces deux inconvénients légers disparaitraient rapidement, ce qui s’est produit, au bout d’un mois environs. J’aurais bien du mal aujourd’hui, un an après, à retrouver sur mon corps les traces de cette opération.

Le plus étrange, c’est qu’après l’opération, alors qu’on m’en avait fait tout un fromage, rien n’a changé pour moi, si ce n’est la possibilité de pratiquer occasionnellement des pénétrations non protégées avec mon amie (nous nous prévenons si nous avons des pratiques à risques avec d’autres personnes, et vu que ça n’arrive plus, nous pouvons abandonner le préservatif). Mon sperme ne me stresse plus. Physiquement, les choses sont restées comme avant, il faut savoir que les spermatozoïdes, qui restent « chez eux » suite à la vasectomie, ne comptaient de toute façon pour presque rien dans l’éjaculat. Aucun trouble particulier, et un grand soulagement.

Quand j’en ai parlé par la suite, ça a toujours été à des proches, dont je savais qu’ils avaient de la sympathie pour cette pratique. Je n’ai pas eu envie de me confronter aux remarques qui surgissent facilement dans la bouche des urologues, comme du reste de la société. Surtout que la question du pourquoi arrive forcément sur le tapis, et je crois que je suis incapable de répondre simplement à cette question. Je sais juste que je n’ai jamais voulu d’enfants, que je ne suis pas famille du tout, que je voulais participer à la contraception, que j’envisageais cette opération avec plaisir, et que j’en suis très content.

Compte tenu de tous ces éléments, c’était peut-être une façon de dire, d’une certaine manière, « mon corps m’appartient » au corps médical et par extension, au reste de la société, d’où l’enjeu que cette opération est devenue, au fur et à mesure qu’on me la refusait. Et ça, je crois que ça a une grosse portée symbolique, et que c’est pour ça que ça choque autant la vasectomie d’un « jeune » sans enfants, ou autrement dit, d’une personne qui n’a pas fait don d’enfants à la société et serait en mesure d’en faire pendant de longues années. Parce que c’est aussi une façon de dire merde au natalisme et à l’obligation familiale. Et ça fait aussi beaucoup de bien.


Daniel, plus de 45 ans lors de la vasectomie (provence, 2010), un enfant

Avec maintenant quelques mois de recul, ma vasectomie s’est vraiment bien déroulée. Le parcours a suivi les étapes prévues, dans les temps. Physiquement, je n’ai pas eu mal à proprement parler. Ma vie corporelle, y compris côté sexe, continue d’évoluer et je crois que ma vasectomie n’a apporté que des points favorables à cet égard. Et pour ce qui est des sous, je crois n’avoir rien déboursé qui ne m’a été finalement remboursé.

Je continue à être vigilant pour l’hygiène et les risques de maladies. Sans éprouver ni gêne, ni regret, ni honte particulière, je jouis aujourd’hui d’une nouvelle liberté lorsque je suis invité au coït. Pour la première fois depuis mon adolescence, je prends en charge ma contraception. Bien que c’était rare avant, je n’ai plus à craindre les conséquences de fécondations non voulues. Ces parcours d’avortement étaient déroutants, qu’il s’agisse d’avortements chimiques ou par aspiration. Pour le reste, ma vie, mon corps et ce vieux monde -soupir- sont toujours identiques.

Partant, comment en suis-je venu à la vasectomie ? Dès l’âge de l’école primaire, j’ai entendu parfois des vieilles tantes évoquer leur « totale ». On m’avait expliqué qu’il s’agissait d’une opération, apparemment bénigne, qui évitait de se retrouver enceinte ensuite. Parfois, un cancer était retiré au passage ou était la cause de l’opération.

C’était les années 1970 et j’ai vite su comment mon corps était fait, comment il fonctionnait et ce qu’il pouvait apporter d’agréable ou de douloureux. Qu’il s’agisse de sexe ou d’autre chose. On en parlait beaucoup à l’école, en famille ou entre amiEs. Alors, il était de mise de connaître tout ça, sous peine de passer pour un ringard. À cette époque d’ailleurs, les ringards sentaient le sol se dérober sous leurs pieds : un nouveau monde était sur le point d’éclore. Du moins c’est ce qu’on croyait. De fait, des termes comme "corps caverneux", "prépuce", "méat urinaire" ou "vasectomie" avaient bonne presse, et servaient à moult blagues, sans doute sexistes...

Quand j’avais, je crois, 11 ans, maman s’est retrouvé enceinte, ça l’a rendue très faible et avec papa ils ont réussi à obtenir un avortement clandestin dans l’hôpital du coin. Maman racontait qu’à l’hôpital de notre petite ville du centre de la france, on l’avait laissée dans une minuscule pièce borgne, sans doute avec un appareil à aspiration, et qu’on l’avait "laissé se débrouiller toute seule". Après, elle était restée alitée plusieurs semaines, et avec sœurs et frères ça nous a marqués.

Et à l’époque du lycée, à la fois pour repousser une barrière de conventions insupportables par principe, mais aussi pour tenter de déceler les frontières devenues floues de l’amitié et de l’amour, on a commencé à baiser entre garçons. De parties mixtes en plans fric homosexuels, j’ai eu des relations sexuelles avec un bon nombre d’hommes. Dès l’adolescence aussi, des amies lesbiennes et des amis pédés ont bien voulu partager leurs points de vue et leurs expériences.

En parallèle, j’ai "dragué" des filles. Je ressentais ça comme une lutte contre mes complexes, et ça a souvent révélé mes difficultés dans les relations hétérosexuelles. Pour ce qui est de la contraception, lorsque la question se posait, je dois avouer que sa prise en charge était quasiment tout le temps par les filles. Peut être ai-je acheté parfois quelques capotes. Mais pour le reste je n’y pensais pas et ça ne me coûtait rien. Pas de SIDA, pas de soucis.

Les premiers séropositifs morts dans notre entourage, chez les copains pédés ou toxicos nous ont tous secoué. En l’espace de quelques mois, la règle du jeu venait de changer. On se moquait bien, avant 1983, des chlamydia, des herpès passagers et autres infections urinaires. Le plus barbant, sans « sécu » et avant 18 ans, c’était de débourser le coût de la consultation chez le médecin et le prix des médicaments. De cette époque, je n’ai pas de souvenir de partenaires enceintes involontairement, ni d’avortement. Bien que ce droit venait tout juste d’être acquis.

Ce n’est que bien plus tard, à l’issue de longues relations en couple hétéro, que des partenaires sexuelles seront confrontées par ma faute à des grossesses malvenues. Mais dans des relations régulières à deux, dans un appartement commun, dans un même lit et tout ce qui va avec, le partage des ressources et des efforts a toujours été de mise. L’époque le voulait. Pour l’argent, on faisait « compte commun ». C’est donc pour l’argent, et seulement à travers ça, que j’ai alors pu vaguement participer à notre contraception, mais sans y penser.

Mes compagnes étaient incroyables. Elles n’oubliaient presque jamais de prendre leur pilule. Étourdi comme je suis, si j’avais du assumer la même chose, je pense aujourd’hui que ça aurait cafouillé tout le temps. Je crois aussi que j’aurais fini par m’insurger contre ces contraintes. Je profite donc de ce texte, pour affirmer rétrospectivement ma honte d’avoir été aussi aveugle et égoïste. Pour remercier du fond du cœur ces merveilleuses personnes qui ont porté seules et en silence, notre contraception soi-disant « commune », plaquette après plaquette. Au péril de leur santé, du moins pour l’une ou deux d’entre elles au moins.

Quant ma compagne a voulu être enceinte, j’étais à priori d’accord. Les questions de fécondité ont dès lors été mieux partagées entre nous. Pour la parentalité j’éprouve encore à ce jour un immense plaisir. Celui d’avoir pu rencontrer une personne dès son point de départ, et d’avoir eu la chance de la suivre au quotidien, année après année.

Ayant par la suite cessé de vivre en couple régulier, j’ai dès lors connu pléthore d’accidents de capotes. Plusieurs fois aussi, autour du passage d’un millénaire à l’autre, on a recouru avec des partenaires à des avortements chimiques à domicile. Là encore, j’ai le sentiment de ne pas avoir assumé correctement ma part de ces situations. Tandis que mes partenaires prenaient sur elles les obstacles, les douleurs et les inquiétudes, moi je me morfondais dans des questionnements pataphysiques, véritablement poignardé -où ?- par les évènements.

Si je me suis de plus en plus questionné sur la condition des femmes, c’est sans doute parce que j’ai ressenti peu à peu ma lâcheté dans ces moments là, et aussi des contradictions qui résidaient en moi. Entre mes nouvelles convictions quasiment néo-malthusiennes et cette douleur véritablement ressentie de la cruauté de la disparition du fruit d’une fécondation indésirable, de ce que j’imaginais alors encore être une vie.
À peu près à cette période, un ami m’a demandé si j’avais connaissance de plans pour se faire vasectomiser. Pourquoi c’est à moi qu’il avait posé la question, je n’en sais rien. Toujours est-il que, ne sachant y répondre, ça m’a incité à me renseigner. Quelques mois plus tard, j’apprenais que les lois avaient changé en 2001, et que la vasectomie était maintenant légale en france.

Dès lors, tout s’est accéléré. D’autant qu’une histoire exceptionnelle avec une personne féministe, était venue ensoleiller ma petite vie tranquille. Déjà dans le milieu militant, en provence et ailleurs, les personnes actives dans les questions d’oppression de genres m’avaient souvent paru spécialement intéressantes et proches de mes théorisations de l’instant, par bien des aspects. Mais grâce à cette personne féministe, à la finesse gaie de ses questions et visions, j’ai commencé à comprendre à quel point l’oppression des femmes était massive, occulte et inique, et combien tout ce qui paraît comme naturel ou normal dans les notions de genres, n’est qu’une mise en scène abjecte et trompeuse.

La fréquentation de féministes radicales et un véritable engouement pour leurs modes de solidarité, leurs analyses et leur manière de vivre m’a apporté de plus en plus. Plein de questions au sujet desquelles j’avais l’impression de tourner en rond, voire de ne rien comprendre, trouvaient des pistes de réponse et des motifs d’action. J’ai commencé à dévorer tout ce que je trouvais de littérature et de communications sur les questions de genre. Forcément, la contraception était l’un des sujets qui traversait nos réflexions. J’avais déjà choisi de ne plus m’engager dans des histoires de couple, de ne quasiment plus « draguer » et en tout cas, de découvrir d’autres formes de relations sexuelles entre autres.

C’est donc logiquement que j’ai décidé de ma vasectomie. Je suis allé au centre de planning familial de ma ville, où l’on m’a indiqué le nom d’un chirurgien urologue qui pratiquait cette opération. Puis un rendez-vous a été pris avec mon médecin référent, pour suivre le parcours légal de santé. Ça m’a beaucoup fait rire que ce bon généraliste, jeune et orienté vers les médecines douces et orientales n’y connaisse rien. Il ne savait même pas que la vasectomie était parfaitement légale, ni trop comment ça se pratiquait y compris du point de vue administratif. Paradoxalement, je lui ai expliqué le contexte juridique, les étapes formelles comme la lettre d’intention et le délai de quatre mois. Il n’a pas rechigné du tout à écrire une lettre de recommandation à l’urologue qui m’avait été indiqué par le planning familial.

Lettre en poche, j’ai donc pris rendez vous avec le secrétariat de ce chirurgien urologue. Celui-ci par contre était parfaitement informé et ouvert pour pratiquer l’opération une fois le délai échu. Il m’a indiqué en avoir déjà pratique une bonne dizaine par an. J’avais emmené le formulaire de lettre de consentement, qu’il a signé sans sourciller. Après qu’il m’ait ausculté, et m’ait annoncé au passage que j’avais une « prostate de jeune homme », nous avons pris date pour une consultation de validation à l’échéance du délai, pour régler alors les détails pratiques. Ce chirurgien urologue m’a dit qu’il ne pratiquait que sous anesthésie totale mais brève, sans trop me laisser de choix.

De toute manière, quelle que soit l’opération, je préfère être endormi car les ambiances de salle d’opération me sont désagréables, n’ayant pas envie d’entendre des bruits sans rien voir, et avoir peur sûrement : donc ça me convenait. Et puis m’ennuyer une demi-heure pendant qu’on me charcute n’a pour moi rien d’enviable.

A droite et à gauche, j’ai eu l’occasion de faire part à des amiEs de ma décision. En général, j’ai été soutenu par les personnes à qui j’en ai parlé. Même mes parents ne s’en sont pas trop émus, sans doute un peu en apparence, sachant que face à une tête de mule comme moi, soulever une opposition n’aurait fait que renforcer ma position. Seule la maman de l’un de mes enfants, m’a incité à bien y réfléchir, et expliqué que je risquait de le regretter plus tard si je tombais amoureux et « qu’elle voudrait avoir des enfants ».
Ceci ne m’a pas trop surpris, elle-même rêvant de trouver le prince charmant et avoir encore des enfants. Cependant, ça m’a quand même un peu énervé qu’elle imagine que ma décision ait pu être prise à la sauvette, et quelques peu troublé pendant quelques heures.

C’est au début de l’automne que la date de l’opération a été fixée. D’abord, j’ai dû me rendre à la clinique où ce chirurgien urologue opérait pour une consultation avec l’anesthésiste qui s’occuperait de moi et remplir quelques papiers administratifs. L’anesthésiste avait demandé quelques analyses, dont le taux de testostérone, et tout s’est déroulé en quelques minutes.

Le jour de l’opération venu, je me suis rendu à la clinique à jeun et pour 8 heures. J’avais obtenu du chirurgien urologue trois jour de congés maladie, j’avais donc l’esprit un peu en vacances et très détendu. Un peu fatigué par mes activités les semaines précédentes, ça a été un vrai régal une fois accueilli au guichet de la clinique et placé dans une chambre, de pouvoir faire une petite sieste. Je m’étais dit en rigolant que ce serait peut être le dernier, alors j’avais fumé un pétard avant de prendre le bus pour la clinique. Ça m’a certainement permis d’être un patient particulièrement facile, et donc agréable je crois pour le personnel soignant. Vers dix heures, deux infirmières sont venues dans la chambre, m’ont demandé pourquoi je venais et si j’avais connaissance de soins particuliers qu’elles pourraient avoir à faire. Je leur ai dit que pour une vasectomie, ça me paraissait assez probable que je doive avoir le pubis rasé. Ce point n’était pas écrit sur ma fiche opératoire, et elles sont reparties, et j’ai de nouveau un peu dormi.

Les infirmières sont revenues avec une tondeuse électrique, et comme rien n’était écrit, ne m’ont rasé que la moitié gauche du pubis. Visiblement elles étaient surchargées de travail, et comme je ne réclamais rien, elles ont « coupé la poire en deux » pour gagner du temps. Et elles m’ont posé un cathéter, tout en douceur. Vers onze heures trente, on est venu me réveiller de nouveau, et mon lit à roulette a parcouru les couloirs et ascenseurs de la clinique, jusqu’au bloc opératoire.

Au bloc opératoire, après une courte attente un anesthésiste s’est penché au dessus de moi, m’a réveillé et m’a demandé « on y va » ? J’ai acquiescé, et il a pressé sur une seringue placée dans le cathéter. En une seconde, je suis parti vers cet abandon total que procurent les drogues puissances d’usage.

Le réveil a eu lieu vers treize heures. Je me sentais pas mal, sauf cette sensation d’empoisonnement que procurent les anesthésiques. On m’a questionné sur mon état, et laissé me reposer encore un peu. Deux heures après, on me demandait de me rhabiller, et je suis allé à la cabine téléphonique pour appeler une copine qui est venue me chercher en voiture, avec mon enfant. Le soleil brillait, et j’étais heureux que tout se soit finalement déroulé à merveille. Les deux jours qui ont suivi, je les ai passé principalement au lit, pour tenter de pallier une immense fatigue due aux drogues. Puis, j’ai repris le train-train quotidien.

Ensuite, pendant quelque temps, sur les conseils de l’urologue, j’ai porté des slips serrés ; car je ressentais une gêne légère. Mon scrotum était un peu tendu, et je marchais un peu en cow-boy. Pas question pendant une ou deux semaines de faire du vélo. Dès le premier soir, pour voir si tout fonctionnait bien, je me suis masturbé et hormis cette tension des bourses, j’ai été totalement rassuré. Pour les relations sexuelles, elles ont repris normalement assez vite, et j’ai demandé à mes partenaires une douceur attentive pour les caresses intimes. Là aussi, je n’ai constaté aucun changement, ni d’ailleurs dans la texture de mon sperme.

Avec famille et progéniture, le sujet de l’opération, de son bon déroulement et des raisons qui m’avaient motivé ont été abordées de façon simple et agréable. Le compagnon de ma sœur m’a alors rappelé qu’il avait fait le même choix vingt ans auparavant, et que son urologue lui avait fait une vasectomie sous couvert d’une « exploration urinaire chirurgicale ». Lui aussi avait ressenti une gêne quelque temps, et depuis il se réjouissait de ce que ma sœur n’ait plus à confronter des problèmes de santé à cause de leur contraception. Au hasard de rencontres, j’ai croisé d’autres personnes vasectomisées. Une seule m’a fait part d’un regret, car il affirmait qu’il n’avait « pas l’impression que la vasectomie a changé quoi que ce soit à son désir. Ce qui avait changé, mais plus tard, c’est le regard des femmes sur lui ». Ce qui lui faisait « penser, et dire aux actuels candidats, qu’il s’agissait d’une connerie ». Il avait élaboré « une impression très forte, que la quasi totalité des femmes, y compris celles qui avaient déjà un enfant, ne pouvaient envisager une relation longue avec un homme qui ne pouvaient plus avoir d’enfants ».

Ça m’a laissé pantois sur ce qu’il attendait de ses compagnes, mais ne m’a pas plus surpris que ça, connaissant déjà les opinions assez utilitaires de cette personne, qui de plus connaissait de graves difficultés de santé. Mais c’est la seule personne que j’ai croisée depuis qui a mal vécu sa vasectomie.

Avant de finir, je reviens sur quelques aspects pratiques. Étant salarié à temps partiel et cotisant à une mutuelle de santé, l’ensemble des frais m’ont été remboursés. Pour je ne sais quelle raison, je n’ai pas encore pris à ce jour le temps de procéder au spermogramme qui avait été prescrit lors de l’auscultation post-opératoire chez l’urologue. De toute façon, je ne prends pas de risques de ce point de vue là et j’ai totalement confiance dans le succès contraceptif de l’opération. Ma vie émotionnelle, corporelle et sociale continue d’évoluer dans un sens qui me convient, et je confirme que ma vasectomie n’a apporté que des points favorables à cet égard.

Dany, le 02 juin 2011.


Sébastien, 43 ans au moment de la vasectomie (Paris, 2011), deux enfants

Un long cheminement semé de doutes, une envie omniprésente de ne plus voir ma femme souffrir avec les effets des contraceptifs et des hormones. Depuis de longs mois, ou plutôt depuis la naissance de notre deuxième enfant (4.5 ans aujourd’hui), mon épouse a repris (puis arrêté) la contraception avec son lot de contraintes et d’effets secondaires. Perte de cheveux, chute du taux de fer, hémorragie ou absence prolongée des règles, douleurs chroniques dans l’abdomen ou dans la région utérine et pelvienne.

Tous les examens ont conclu que tout allait bien, pas d’infection, pas de kyste. Et pourtant tous les effets demeuraient, les médecins allant même jusqu’à insinuer que ma femme somatisait. Quand elle arrêtait la contraception les effets s’arrêtaient eux aussi et comme par coïncidence ils réapparaissaient dès la reprise ! Elle a changé de gynécologue, et là à force de questions, celui-ci a laissé entrevoir qu’elle pouvait ressentir tous ces effets à cause des hormones contenues dans la pilule ou les autres contraceptifs (DIU hormonal, ou implant).

Mon épouse et moi avons donc décidé d’arrêter tous les contraceptifs, ce qui n’a pas été sans poser de problèmes étant donné que de mon côté je suis allergique aux préservatifs. Une allergie, non pas psychologique (comme a pu le laisser entendre un urologue), mais bel et bien à la matière et aux produits soit disant neutres (constat d’un dermatologue). Comme par miracle, tous les indicateurs sont redevenus normaux chez ma femme. Douleurs disparues, règles de retour et calibrées, taux de fer rétabli …

Nous retournons ensemble chez le gynécologue qui sur la fois de ce que nous lui avancions, valida du bout des lèvres. Acceptant cette situation et sur demande de ma femme « vers quelle contraception pouvez-vous m’orienter ? » ce dernier lui proposa simplement la ligature des trompes. Nous l’avons questionné sur l’opération, les conséquences, et devant ses réponses évasives et succinctes, nous avons souhaité nous renseigner plus longuement avant d’y avoir recours.

Après avoir parcouru plusieurs sites internet (médicaux, hospitaliers), il est apparu qu’il m’était possible d’avoir recours à la vasectomie et ainsi de prendre en charge la contraception. Je ne pouvais alors concevoir de laisser ma femme aller subir une intervention sous anesthésie générale avec les risques et conséquences dont nous avions pris connaissance. J’étais prêt. « Pourquoi toujours laisser aux femmes la charge de la contraception », voilà la question que je me suis posée, en ayant bien sur une réponse immédiate : quelle lâcheté, quel machisme de notre part à nous les hommes soit disant forts.

Nos recherches tant sur la ligature des trompes que sur la vasectomie, nous ont conduits au constat que près de 19 % des femmes contre 3 % des hommes avaient des suites consécutives à l’intervention (ligature vs vasectomie). Douleurs chroniques, recanalisation spontanée, inflammations ou infections qui peuvent intervenir chez l’homme comme chez la femme. Ces complications pouvant entrainer la femme vers une seconde opération (intervention chirurgicale dont la majeure partie conduit à l’ablation des ovaires voire de l’utérus).

Il semble aussi que les conséquences hormonales (selon l’OMS) soient plus importantes chez la femme que chez l’homme notamment pour la structure osseuse et il commence à se murmurer quelques possibles rapprochements avec les pathologies cancéreuses mammaires. Au vu de ces investigations, j’ai cherché à rencontrer un urologue pour envisager ma vasectomie.

Un vrai parcours du combattant … !

J’en ai contacté 7. Sur l’ensemble, 5 m’ont répondu en consultation ou m’ont fait répondre par téléphone que :
« ils étaient là pour réparer pas pour arrêter la fonction »,
« ils ne pratiquaient pas cet acte mutilant »,
« ils ne voulaient pas prendre la responsabilité d’un tel acte »
« cet acte de stérilisation est contraire à ce pourquoi l’homme a été conçu », « ... »

J’aurais aimé un simple message du type : « je ne pratique pas cette intervention » laissant une part inconnue sur leur façon de penser, sur leur manque de modernité, sur leurs croyances limitantes et personnelles qui débordent sur leur engagement professionnel de respect du patient. En tant que professionnel de l’accompagnement, je voyais là, la limite de l’homme à cloisonner entre son éthique personnelle et celle de son métier. Rien n’interdit aux médecins de pratiquer cet acte depuis 2001, soit depuis 10 ans !

J’aurais apprécié également que leur message soit bienveillant et non accusateur, car en fait, j’avais à chaque refus le sentiment de demander la lune, de quémander un acte barbare qui ne se pratique que sous le manteau, dans quelques officines dont les adresses sont gardées secrètes. Et alors de m’interroger sur le pays dans lequel je vis et qui se dit moderne et à la pointe du progrès, surtout en médecine ! Tout ces messages des médecins étaient autant d’actes psychologiquement à charge contre le patient et son désir, autant de dédouanements personnels de leur part.

Deux ont accepté de me recevoir, car ils pratiquent l’opération. Ils ont été tout aussi prévenants que les 5 précédents, mettant les formes, prenant le temps de me questionner sur mes motivations. Toutes ces questions auxquelles j’avais déjà répondu avec ma femme en seraient presque venues à me faire renoncer non pas par peur ou doute sur ma décision mais plus par lassitude. Malgré cela, je ne devais pas faire la fine bouche, deux chirurgiens acceptaient de me vasectomiser, je me pliais donc à leurs questions et posais les miennes en retour sans toutefois que mes questions puissent leur offrir la voie à me renvoyer une objection. Bien sur, je voulais en savoir plus sur leur pratique, quel type d’opération, anesthésie, incisions, hospitalisation, car sur internet on trouve le monde idéal, l’opération en 30 minutes, à peine rentré déjà ressorti, sans scalpel … oui mais en france pour trouver cela il faut se lever tôt !

L’un d’eux pratiquant une intervention très classique, anesthésie générale, incision scalpel, une nuit en clinique. L’autre, l’intervention en ambulatoire, anesthésie locale, micro-incision au scalpel et retour le jour même à la maison (2 à 3h après l’intervention). La question du tarif, je ne l’ai pas abordée, j’étais prêt « coûte que coûte » à payer le prix de mon choix.

Après ces deux rendez-vous, nous en reparlons avec ma femme, et je lui confirme que j’ai pris date pour l’intervention. Elle ne sait comment me remercier car elle ne voyait plus comment sortir de cette spirale. Les deux chirurgiens rencontrés m’ayant demandé de procéder à une autoconservation (bien que cela ne soit pas légalement obligatoire), faute de quoi ils ne procèderaient pas à la vasectomie, je valide …

Depuis des années, je voulais procéder à un don de sperme, car dans mon entourage, plusieurs couples (11 au total) n’ont pas eu la chance d’avoir comme nous des enfants.

Quelques jours après les rendez-vous, le questionnement fait son œuvre, une petite voix intérieure "questionnante" m’interpelle : « en choisissant la vasectomie, tu renonces à ta fertilité, tu es d’accord avec ce choix, mais il faut que acceptes de renoncer aussi au don de sperme qui te tiens à cœur si tu ne le fais pas maintenant (en même temps que l’autoconservation). Est-ce que tu ne vivras pas en frustration, en échec plus tard le fait de ne pas avoir donné ? ».

J’en parle alors à mon épouse, pour elle, il n’y a pas l’ombre d’un doute, mon désir de don doit être assouvi, c’est aussi une façon pour elle de me remercier (sans s’acquitter d’une quelconque « dette ». Tant qu’à aller au CECOS donner pour soi-même autant y aller aussi pour donner aux autres. Nous avions eu la chance d’avoir des enfants et mesurons tous les jours la joie qu’ils nous apportent. La réponse m’avait rempli de sérénité et de confiance. Nous nous mettons en quête de renseignements sur les centres pour procéder à l’autoconservation et aussi sur la procédure pour le don.


Pour être capable de faire le don de soi, il faut avoir pris possession de soi dans cette solitude douloureuse hors de laquelle rien n’est à nous et nous n’avons rien à donner. Louis Lavelle, Tous les êtres séparés et unis

Il est bon d’avoir à soi quelque chose pour le donner. Paul Claudel, L’Otage

J’ai effectué ce don avec plaisir, joie et émotion. J’ai eu l’occasion de rencontrer des hommes et des femmes fabuleux et fabuleuses dans le corps médical, mais aussi dans le corps des frustrés, « diminués », « mutilés » par la nature … ceux qui attendent un don pour pouvoir donner l’amour à un ou une enfant qu’ils ne peuvent avoir sans le « coup de pouce » d’un donneur. (Je pourrais m’étendre sur le sujet, il me faudrait des pages car cela m’a permis de travailler professionnellement sur cette thématique d’accompagnement)

Le délai de 4 mois s’égraine au rythme de mes « dépôts » de sperme au CECOS, je trouve le temps long mais cet acte altruiste me fait tenir et positiver. Et quelque part certainement une part d’égo, de confiance et d’estime de moi.

Me voici arrivé le jour J, lundi 6 juin 2011, rendez-vous à la clinique à 14 h 30, pour les derniers papiers d’autorisation, décharge, consentement … A peine suis-je arrivé et me suis-je annoncé à l’accueil que tout s’accélère …On m’active et on me demande de me préparer en toute urgence car le chirurgien va m’opérer à 15 h au lieu de 16 h, pas le temps de réfléchir, juste le temps de passer un dernier coup de téléphone à ma femme pour l’embrasser, la prévenir que « j’y vais ! », la rassurer aussi car elle est bien plus inquiète que moi malgré son plein accord, elle a peur que cela se passe mal, que je souffre. Le brancardier est déjà là et attend.

Je « saute » sur le brancard et descends au bloc sans aucune appréhension, j’étais à quelques minutes de notre délivrance, pouvoir retrouver une vie sexuelle sans crainte et risque. Ravi d’être si près de ce que j’avais tant « voulu » et que nombre de médecins m’avaient « interdit, contredit, contrarié », j’étais arrivé au bout de ma demande et j’y accédais de façon « libre », la liberté d’avoir joui de mon corps, d’en faire ce que j’en voulais. Top chrono : 30 minutes plus tard tout est terminé.

Je suis soulagé, ému de joie, d’avoir gagné quelque chose initialement inaccessible, comme un marathonien qui doutait de parcourir les 42 kms et qui aboutit même s’il n’est pas dans le peloton de tête (vasectomie sans scalpel souhaitée pas obtenue), mais résigné, arrivé au bout ayant passé la ligne. Deux petites incisions, en haut des bourses, points de sutures, très peu de bleus.
Voir à ce titre l’album photo sur http://vasectomieenfrance.unblog.fr....

Quelques jours ont passé, des gênes (pas des douleurs) la première nuit, et tout est rentré dans l’ordre les jours suivants. Si j’ai trouvé le temps long entre ma décision, la validation du chirurgien, et l’intervention (délai de 4 mois), j’avoue qu’aujourd’hui je me dis l’inverse … j’ai l’impression que tout est allé très vite, que cette décision m’a apporté plein de choses fabuleuses, m’a fait réfléchir sur moi, sur ma résilience, sur ma confiance et mon estime, mes envies, mes valeurs, mes ressources, mon partage ...

Je ne manquerai pas de donner une suite sur le blog à ce message pour vous livrer mes ressentis futurs, la suite de ma réflexion, de notre libération dans nos rapports après la levée des craintes et des risques (mais pour cela il me faut encore attendre la confirmation de ma stérilité encore un délai : 90 jours). Si ce témoignage peut permette à ceux qui doutent, hésitent de prendre autorité sur eux pour vivre librement ce qu’ils souhaitent, j’en serai ravi. Je reste à leur disposition sur le blog pour échanger …

Fatigué, harassé, prisonnier de l’illusion, comment échapper à la boulimie compulsive du faire, de l’imposé, comment reprendre autorité sur sa vie. Jean-Louis Etienne, Le pôle intérieur

Sébastien, blogueur et rédacteur sur : www.vasectomieenfrance.unblog.fr, 13 juin 2011

IV- Les idées reçues sur la vasectomie

Illégalité ou restrictions C’est interdit, et considéré comme une mutilation. Trop jeune, sans enfant, aucun chirurgien ne voudra te vasectomiser
Depuis 2001, la vasectomie est formellement autorisée en france, sous certaines conditions : être majeur, attester par écrit de son consentement et observer un délai de réflexion de quatre mois. Les difficultés pour l’obtenir existent (avoir moins de 35 ans et ou pas d’enfants) mais ne sont pas insurmontables.
Douleur Ça fait mal pendant l’opération. Des douleurs chroniques subsistent longtemps après l’opération
L’opération en elle-même est très rarement douloureuse, cela dépend avant tout de la qualité de l’anesthésie, locale ou générale. Pendant quelques jours après la vasectomie, il est normal de ressentir un tiraillement, voire de légères douleurs au niveau des testicules. Ces phénomènes s’estompent ensuite généralement rapidement. Dans de rares cas, une épididymite (voir p.6) se produit, une nouvelle opération peut être alors nécessaire.
Troubles de la sexualité On n’éjacule plus après une vasectomie, le désir baisse
Les spermatozoïdes représentent moins de 1% de l’éjaculat, dont le volume reste inchangé. Le seul changement parfois constaté est une texture légèrement plus liquide de celui-ci. Le désir sexuel n’est pas affecté, un certain nombre de vasectomisés disent même ressentir plus de plaisir qu’auparavant, ne craignant plus de faille dans la contraception.
Regrets Tu le regretteras plus tard. Un jour, tu rencontreras quelqu’un qui te fera changer d’avis.
Avant toute chose, imaginez à quel point on trouverait obscène de faire ces remarques à des personnes qui envisagent d’avoir un enfant, par exemple. Alors, pourquoi les dire dans le cas d’une vasectomie, qui a, quoi qu’on en dise, moins de conséquences ? Mais admettons. Les études montrent que la demande de reperméabilisation est rare : « dans une enquête réalisée par Engelman en 1989 auprès de 2000 urologues, 2,5 % seulement des patients ayant bénéficié d’une vasectomie demandaient la réalisation d’une vasovasostomie. » J.M. Rigot, Vasectomie à visée contraceptive, Questions d’actualités, Progrès FMC, 2004, p.4.

V- Résumé du parcours

























































VI- Ressources

Textes et audio

Revue de l’Association pour la Recherche et le Développement de la COntraception Masculine (ARDECOM), numéro 1, Février 80, pp.19-25.
http://www.europrofem.org/contri/2_...

Cas Libres, émission de radio « libre antenne », en direct, sur les questions de Corps, Amours et Sexualités (et bien d’autres choses encore !).
Émissions du 4 février 2010, 6 mai 2010, 1er juillet 2010, 4 novembre 2010 et 31 mars 2011.

Cbhg, L’étrange histoire du contrôle des naissances.
http://cbhg.org/blog/2009/11/15/let...

Contraception définitive. Une pratique toujours taboue
http://www.letelegramme.com/ig/gene...

Cyril Desjeux Histoire de la contraception masculine. L’expérience de l’Association pour la recherche et le développement de la contraception masculine (1979-1986) , dans Politiques sociales et familiales, n° 100 - juin 2010, pp. 110-114.
http://www.caf.fr/web/WebCnaf.nsf/V...

Détails de l’affaire des vasectomisés de Bordeaux (décrite en p.7 de cette brochure)
http://www.ephemanar.net/septembre1...

Alain Giami et Henri Leridon (éd.), Les enjeux de la stérilisation, Ined/Inserm, 2000.
http://books.google.fr/books?id=EUG...

Mme Gorre-Ferragu, Le déni de grossesse : une revue de littérature, Université de Rennes 1, 2002.
http://resmed.univ-rennes1.fr/mgren...

Inspection Générale des Affaires Sociales, La prévention des grossesses non désirées : contraception et contraception d’urgence, rapport de 2009.
http://www.ancic.asso.fr/documents/...

Alain Jardin, Où en est la stérilisation masculine en France ?, Extrait des Mises à jour en Gynécologie Médicale, Trentièmes journées nationales, 2006, p.150.
http://www.cngof.asso.fr/d_livres/2...

R. Küss, A. Jardin, P. Jouannet et G. David, La vasectomie contraceptive. Etude à partir de 100 cas, L’année du Praticien, 1978.

Organisation Mondiale de la Santé, La vasectomie : Guide à l’intention du technicien et du gestionnaire, Genève, 1989, p.13.
http://whqlibdoc.who.int/publicatio...(part1).pdf

Rappel des dates décisives dans l’histoire de la contraception en france
http://www.planning-familial.org/mi...

J.M. Rigot, Vasectomie à visée contraceptive, Questions d’actualités, Progrès FMC, 2004, p.4.
http://www.urofrance.org/fileadmin/...

Jean-Paul Sardon, La stérilisation dans le monde. Données statistiques, Population, 34e année, n°3, 1979, pp. 607-636, p.613.
http://www.persee.fr/web/revues/hom...

Histoire des Centre d’Etudes et de Conservation des Oeufs et du Sperme humain
http://udsmed.u-strasbg.fr/cecos/in...

Vasectomie en France est un blog rédigé collectivement par ceux qui ont vécu le doute, les jugements des médecins, le manque d’informations, dont le but est : l’ouverture de la vasectomie en france au plus grand nombre, le partage d’expérience et des informations recueillies.
http://vasectomieenfrance.unblog.fr

Martin Winckler, Ai-je le droit de me faire stériliser ? Article en faveur du droit à la vasectomie
http://martinwinckler.com/article.p...

Vidéos

Animation sur l’opération, et le parcours :
http://www.urofrance.org/?id=409

Alain Jardin, Où en est la stérilisation masculine en France ?, conférence :
http://www.cngof.asso.fr/D_PAGES/co...

La vasectomie : une contraception définitive, reportage diffusé dans Bonjour-docteur, émission présentée par Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymès
http://www.bonjour-docteur.com/arti...

[1Alain Jardin, Où en est la stérilisation masculine en France ?, Extrait des Mises à jour en
Gynécologie Médicale, Trentièmes journées nationales, 2006, p.150.

[2L’épididyme est un organe accolé au testicule qui conserve les spermatozoïdes, les transporte
jusqu’au canal déférent, assure la fin de leur maturation et en élimine le surplus.

[3Alain Giami et Henri Leridon (éd.), Les enjeux de la stérilisation, Ined/Inserm, 2000, p.21.

[5Alain Giami et Henri Leridon (éd.), Les enjeux de la stérilisation, déjà cité, p.21.

[6Alain Jardin, Où en est la stérilisation masculine en France ?, Trentièmes journées nationales du
CNGOF, 2006. http://www.cngof.asso.fr/D_PAGES/co...

[7Organisation Mondiale de la Santé, La vasectomie : Guide à l’intention du technicien et du
gestionnaire
, Genève, 1989, p.13.

[8Mme Gorre-Ferragu, Le déni de grossesse : une revue de littérature, Université de Rennes 1, 2002, p.16.

[9Le passage sur le procès de 1937 est une citation libre de http://www.ephemanar.net/septembre1...

[10Jean-Paul Sardon, La stérilisation dans le monde. Données statistiques, dans Population, 34e année, n°3, 1979, pp. 607-636, p.613.

[14Alain Jardin, Où en est la stérilisation masculine en France ?, déjà cité, p.151.

[16http://www.letelegramme.com/ig/gene...
unepratique-toujours-taboue-09-06-2011-1329780.php





Retour au sommaire